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Double explosion meurtrière à Beyrouth

Les images qui circulent sont apocalyptiques. Deux puissantes explosions ont secoué le secteur portuaire de Beyrouth mardi 4 août, peu après 17h, ravageant partiellement la capitale libanaise. Les derniers chiffres font état d’au moins 78 morts et près de 4.000 blessés. Si la cause de l’explosion n’est pas encore connue, le Premier ministre libanais, Hassan Diab, a dénoncé une « catastrophe » et a assuré que les responsables devraient « rendre des comptes ». « Ce qui s’est passé aujourd’hui ne passera pas sans que des comptes soient rendus. Les responsables de cette catastrophe devront payer le prix », a martelé le chef du gouvernement lors d’une allocution télévisée.

Le gouvernement pointe du doigt une cargaison de nitrate d’ammonium stockée « sans mesures de précaution » sur le port. « Il est inadmissible qu’une cargaison de nitrate d’ammonium, estimée à 2.750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C’est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire », a déclaré quelques heures après le drame le Premier ministre devant le Conseil supérieur de défense, selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse.

« Je me trouvais à l’ambassade de France quand il y a eu la première explosion », confie à Aleteia Vincent Gelot, directeur Liban de l’Œuvre d’Orient. « Nous étions en train de travailler sur un fonds pour aider les écoles du Liban lorsque la première déflagration a eu lieu suivie de quelques secondes par une deuxième qui nous a projetés au sol ». L’ambassade se trouvant rue de Damas à côté de bâtiments officiels, il croit d’abord à un attentat terroriste. « Quelques minutes après, des gens sont venus à notre rencontre et nous avons pu sortir. C’est là que j’ai compris que l’explosion venait du port, soit à 4-5 kilomètres de là ! Le souffle, extrêmement puissant, a même réussi à briser des vitres à 6 kilomètres du lieu de l’explosion ».

« Quelles que soient les raisons de cette explosion cela ne peut qu’empirer la situation. »

Cette catastrophe intervient alors que le pays se trouve aujourd’hui au bord du gouffre. « Quelles que soient les raisons de cette explosion, cela ne peut qu’empirer la situation », explique Vincent Gelot. « Si c’est intentionnel, c’est terrible car cela annonce des jours encore plus sombres, et s’il s’avère que c’est accidentel, c’est tout aussi grave car le pays est en train de sombrer sur le plan économique, politique, sanitaire… ». Aujourd’hui, le taux de pauvreté au Liban dépasse les 50%, la monnaie est dévaluée, le système éducatif est menacé tandis que le système sanitaire est à bout de souffle. « Il va forcément y avoir des séquelles », souligne-t-il.

Alors que le Liban vient de décréter un jour de deuil national, le pays espère un élan de solidarité international. Emmanuel Macron a rapidement exprimé sa « solidarité fraternelle«  avec les Libanais. « Des secours et moyens français sont en cours d’acheminement sur place » a-t-il indiqué avant d’assurer : « La France se tient aux côtés du Liban. Toujours ».

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