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Le sacrifice d’Isaac et l’intervention des anges

Le sacrifice d'Isaac et l'intervention des anges

Le Seigneur dit à Abraham : « Prends ton fils unique, ton fils chéri Isaac, et ensemble allez en la terre de la vision. Là, tu me l’offriras en holocauste sur la montagne que je te montrerai. »

Abraham se leva donc avant le jour, prépara son âne, prit avec lui deux jeunes serviteurs et Isaac son fils, et, ayant coupé du bois pour l’holocauste, il se rendit au lieu que Dieu lui avait désigné.

Le troisième jour, il arriva au pied de la montagne et dit à ses serviteurs : « Attendez-moi ici avec l’âne ; nous ne ferons qu’aller, mon fils et moi, et, après avoir adoré, nous reviendrons aussitôt à vous. » Il mit le bois pour l’holocauste sur les épaules de son fils Isaac, et lui-même prit le feu et le glaive.

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Tandis qu’ils marchaient, Isaac dit à son père :
– Mon père ?…
– Mon fils, que voulez-vous ? répondit Abraham.
– Voilà bien, continua Isaac, le feu et le bois ; mais où est la victime pour l’holocauste ?
– Mon fils, Dieu aura soin de fournir lui-même la victime.

Et ils poursuivirent leur chemin. Arrivé sur la montagne, Abraham dressa un autel, disposa dessus le bois pour l’holocauste, lia ensuite Isaac et le mit sur le bois qu’il avait disposé sur l’autel. Déjà, levant le glaive, il allait immoler son fils.

Mais, à l’instant, l’Ange du Seigneur lui cria du ciel : « Abraham ! Abraham ! » Il lui répondit : « Me voici ! »

L’Ange ajouta : « Ne mettez pas la main sur l’enfant et ne lui faites aucun mal. Je connais maintenant que vous craignez Dieu, puisque pour m’obéir vous n’avez pas épargné votre fils unique.Abraham aperçut alors près de lui un bélier qui s’était embarrassé avec ses cornes dans un buisson, et, l’ayant pris, il l’offrit en holocauste à la place de son fils. Il appela ce lieu d’un nom qui signifie : Le Seigneur voit. C’est pourquoi on dit encore aujourd’hui : « Le Seigneur verra sur la montagne. »

L’ange du Seigneur appela donc encore Abraham et lui dit : « Je jure par moi-même que, puisque vous avez fait cette action et que, pour m’obéir, vous n’avez pas épargné votre fils unique, je vous bénirai et je multiplierai votre race comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le rivage de la mer. Votre postérité possédera les villes de ses ennemis ; et toutes les nations de la terre seront bénies dansCelui qui sortira de vous, parce que vous aurez obéi à ma voix. »

Abraham revint ensuite trouver ses serviteurs, et ils retournèrent ensemble à Bersabée, où il demeura.

Nous n’avons pu résister au plaisir de citer dans son intégrité cette admirable scène de la Genèse. Le récit lui-même, simple et sobre, dégage comme une impression de calme et de paix, le calme et la paix des nuits sereines d’Orient après la chaleur du jour.

Dieu parle et commande. Il demande à Abraham le sacrifice de son fils. Sans murmure ni récrimination vaine, le grand patriarche obéit sur l’heure. Dieu avait donné ce fils, Dieu le redemande, que sa voix soit écoutée, que son nom soit loué et béni ! Et i1 se lève, il appelle ce fils, ils partent ensemble avant le jour venu.

Que deviendront les promesses divines ? Arrivée au terme de la vieillesse Sara, son épouse, aura-t-elle un fils encore, et ce fils à naître sera-t-il la tige de la race bénie ?

Dieu, le maître de la vie et de la mort, fera-t-il renaître de ses cendres ce même Isaac qui va être consumé par l’holocauste ?

Quelles pensées durent assaillir ce cœur de père durant la longue marche jusqu’au mont Moriah ?

Mais pas un instant sa foi ne faiblit. Quel héroïsme dans ce père et aussi dans les mystérieux pressentiments de ce fils, dans la question qui les trahit, dans le silence qui les accepte, dans la méditation qui les explique, et enfin dans l’obéissance qui livre la victime aux entraves pour mieux attendre le coup mortel ! Amour de la vie, émotion filiale, tendresse paternelle, tout est déposé à la fois sur le même autel !

La victime y est étendue, le sacrificateur tient le glaive…, il va frapper. Le sacrifice est déjà consommé dans ce qu’il a de plus cruel pour la nature, dans le consentement du père et du fils, dans le déchirement du cœur. Dieu est satisfait. Le ciel est ravi d’admiration, et l’Ange du Seigneur, arrêtant l’exécution sanglante, renouvelle aussitôt les plus magnifiques bénédictions pour Abraham et sa postérité.

Voilà, certes, un bien consolant, bien réconfortant exemple pour les pères et les mères, à qui Dieu redemande un enfant, non sur l’autel du sacrifice du mont Moriah, mais dans la solitude du croître ou dans les labeurs de l’apostolat.

Jeune fille, Dieu l’appelle. Dans l’éclat de la jeunesse et de la beauté, alors que le monde lui sourit, Dieu lui dit : « Laisse là les hochets de la vanité, les rires du monde tôt transformés en larmes amères, et, humble religieuse, va, dans le monde de la souffrance, semer sur ton passage discret le rayon de joie qui console dans la peine, le rayon de lumière qui découvre le ciel oublié souvent.

Jeune homme, Dieu l’appelle encore. Il avait fait de beaux rêves ; mais Dieu lui montre, avec le néant de ces rêves, le vrai but de la vie ; il lui montre aussi comment, à travers les folies mondaines, les âmes courent aux abîmes de l’éternelle perdition. Il ira, prêtre du Seigneur, détourner ces égarés, éclairer ces aveugles, leur montrer « la voie, la vérité et la vie ».

Il ira, s’il le faut, sur des plages lointaines, éclairer et sauver des âmes de pauvres sauvages selon la nature, mais qui valent bien les sauvages d’une prétendue civilisation moderne.

Pour l’humble religieuse, pour le prêtre zélé, qu’importent la peine, la souffrance, la mort même ? A l’exemple d’Isaac, ils ont consenti à l’entier sacrifice.