Voici l’héritier : venez ! tuons-le !

Prière du matin et commentaire de l’évangile du 16/06/2019

priere du matin évangile du 16/06/2019 sur Gloire à Dieu

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu, Mt 21, 33-43.45-46

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième.

De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant :

« Ils respecteront mon fils. »

Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
« Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !”

Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.

« Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »

On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »

Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle: c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux.

Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

 

Méditation Père Michel Quesnel

Evidemment, cette parabole est codée. Les auditeurs ne s’y trompent pas. La vigne, c’est le peuple d’Israël, l’image remonte au prophète Isaïe.

Le propriétaire, c’est Dieu lui-même. Les vignerons, ce sont les grands prêtres et les pharisiens, chargés de faire fructifier la vigne et d’en remettre les fruits au maître du domaine ; mais, ils se comportent comme s’ils en étaient eux-mêmes les propriétaires.

Les serviteurs qui leur sont envoyés, ce sont les prophètes ; beaucoup ont été maltraités, quelques-uns ont été mis à mort. Au lieu d’être au service de Dieu et de son peuple, grands prêtres et pharisiens ne sont au service que d’eux-mêmes.

Là où ils n’ont pas toutes les clefs pour comprendre, c’est quand Jésus leur parle du fils.

Mais c’est clair pour les lecteurs chrétiens de Matthieu : il s’agit évidemment de Jésus, qui sera crucifié à l’extérieur des murailles de Jérusalem, comme le fils de la parabole est jeté hors de la vigne avant d’être mis à mort.

Comment cela nous touche-t-il, nous qui ne sommes ni grands prêtres ni pharisiens ?

Peut-être sommes-nous les serviteurs envoyés par le maître auprès des vignerons. Nous savons que nous serons maltraités si nous portons le message qui nous est confié. Les ennuis que nous aurons seront comme le thermomètre de notre fidélité.

Jésus dit aussi que le Royaume de Dieu sera confié à une autre nation chargée de lui faire produire des fruits ; il s’agit sans doute de l’Eglise. La question rebondit alors.

Dans cette vigne confiée à d’autres, les chrétiens sont les vignerons du Royaume. S’ils se comportent comme ceux de la parabole, ils ne mériteront pas un meilleur sort.

Préserve-nous, Seigneur de telles infidélités !

Amen – Gloire à Dieu

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