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Quelle est l’importance du boeuf et de l’âne dans la naissance du Christ?

Dans la religion chrétienne, il existe un épisode particulièrement riche de significations : la Nativité, moment unique où se rencontrent Dieu, l’Homme et l’Animal.

Evénement-symbole qui peut résumer l’essentiel du discours religieux sur la bête. D’autant plus, qu’aucun des Evangiles n’évoque la présence du bœuf et de l’âne.

Mais, la tradition s’est imposée très vite : sur un sarcophage du IVe siècle, à Saint-Maximin dans le Var, est représentée une Nativité avec les deux animaux et ceux-ci sont mentionnés par les Evangiles apocryphes, telle pseudo-Matthieu du VIe siècle.

Le Moyen-Age garde cette tradition. Bien plus, lorsqu’au soir de sa vie, Saint François d’Assise  a l’idée d’organiser, à Greccio, une crèche vivante, il s’empresse de demander un bœuf et un âne, pour encadrer le Christ.

Cette présence paraît obligatoire mais, comment justifier les animaux du Christ face au silence des Evangiles?

La question devient cruciale au XVIIe siècle, époque où la Contre-Réforme se montre particulièrement méfiante vis-à-vis de tout ce qui n’est pas canonique.

Faut-il évoquer le bœuf et l’âne et comment justifier leur présence, entre l’Homme et Dieu?
Pourquoi des bêtes et non la compagnie des pauvres ?

lithotherapie des animaux
Lithothérapie des animaux

En fait, le Christ veut donner une leçon aux hommes.

La signification symbolique est claire: les animaux sont l’image de l’homme déchu car, celui-ci, après le Péché Originel, a perdu son statut de créature privilégiée, s’est revêtu de peaux de bêtes, est devenu une véritable bête.

Dès lors, quoi d’étonnant si Jésus a «voulu naître dans une étable pour y trouver l’homme qu’il cherchait et qui était devenu bête par le péché, si bien qu’il ne fallait pas espérer de pouvoir le trouver ailleurs».

Certains théologiens avancent une autre signification. Là, il ne s’agit plus de voir dans l’animal le symbole
de l’homme, mais, de comparer les attitudes des deux êtres lors de la Nativité car l’attitude du bœuf et de l’âne permet de comprendre à quel point l’homme s’est abaissé alors qu’eux sont pas restés indifférents.

Ce sont les premiers à accueillir leur Maître alors que personne ne va le voir «quoiqu’on le voit pleurer sur la paille parmi les bêtes» .

Bien plus, les animaux ont reconnu leur Maître.

« ils se sont approchés du berceau sacré, pour accoler le Rédempteur à leur mode. Ce qui est ou vaut autant qu’adorer notre Très Saint Sacrement de l’autel ( …) le bœuf, par une incroyable prévention et démarche, adorait la même nature individue et singulière que maintenant nous adorons dans les sacrés autels »

Ces animaux qui adorent leur Créateur sont le signe d’un retour au paradis terrestre d’avant la chute originelle, ce qui signifie qu’ils évoquent, aussi, le devenir de l’homme.

Car, écrit Saint François de Sales,si le Christ accepte de recevoir leur haleine, «comment ne recevra-t-il pas les aspirations de notre pauvre cœur»


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