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Vie de Saint Odilon, abbé de Cluny

Vie de Saint Odilon, abbé de Cluny

Pour mieux assurer son salut Saint Odilon a quitté sa famille et ses biens pour aller s’ensevelir, vivant, dans les profondeurs d’un cloître.
Il est un exemple pour nous aussi si nous voulons nous attacher à Dieu et à son service en lui sacrifiant les faux plaisirs de la terre.
Que faisons-nous pour éviter ce qui est un obstacle à notre salut? vivons-nous pour Dieu ? travaillons-nous pour le Ciel ?
Comme Saint Odilon, fuyons la corruption et comme lui nous serons admis à célébrer les noces éternelles de l’agneau.

Saint Odilon naquit le 1er janvier de l’an 962 en Auvergne.
Son père, le seigneur de Mercœur, était d’une loyauté exemplaire et sa mère termina ses jours dans la vie religieuse.
Dès son enfance, Odilon manifesta une piété extraordinaire qui ne fit qu’augmenter de jour en jour et Dieu l’en récompensa.
Lorsqu’il était très jeune le Saint perdit presque complètement l’usage de ses membres car une sorte de paralysie lui ôtait tout mouvement.
La personne qui prenait soin de lui, l’ayant conduit un jour à la porte d’un sanctuaire dédié à la Sainte Vierge, l’y abandonna quelque temps.
L’enfant, ainsi délaissé, se démena si bien en s’aidant des pieds et des mains qu’il parvint à franchir le seuil.
Tout joyeux, il avançait peu à peu vers l’autel, lorsqu’il y fut arrivé, grâce à l’assistance miraculeuse de la glorieuse Sainte Marie Mère de Dieu, au grand étonnement général, il recouvra subitement toutes les forces naturelles à son âge.
Mû par un sentiment de reconnaissance envers Dieu, Odilon lui consacra sa vie.

Dès que l’âge lui permit de disposer de sa liberté il se retira dans le monastère de Cluny et y reçut l’habit des mains du saint abbé Maïeul.

Par la pratique simple et humble de l’obéissance il remplit l’ordre auquel il appartenait du parfum de ses vertus.
A l’âge de vingt-neuf ans l’abbé le nomma son coadjuteur. Trois ans après saint Maïeul, sur son lit de mort, le choisit pour être son successeur et gouverner l’abbaye. Tous les religieux se réjouirent de trouver en lui un Père digne de celui qu’ils pleuraient et, malgré sa résistance, ils l’élurent canoniquement. Peu de temps après il fut ordonné prêtre.

Le nouvel abbé contribua à augmenter la réputation de sainteté que possédait Cluny, il en fut, par sa charité, par sa pureté de vie et par ses œuvres merveilleuses, une des gloires les plus éclatantes. La charité était la vertu qu’il pratiquait le plus ardemment sous toutes les formes.

L’amour de Dieu le soutenait dans tous ses travaux aussi ne manquait-il jamais d’offrir le saint sacrifice de la messe tous les jours, malgré l’incommodité des voyages que nécessitait sa charge et malgré les maladies qu’il eut à supporter.

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Il distribuait ses aumônes avec tant de profusion et de bonté que ceux qui l’entouraient allaient jusqu’à lui reprocher ce qu’ils appelaient sa prodigalité. Comme il ne doutait jamais de la puissance divine il ne craignait pas d’en être abandonné. Un jour qu’il visitait un de ses monastères où s’étaient réunis un grand nombre de religieux pour assister à ses entretiens, la nourriture manqua et les serviteurs n’avaient plus qu’un poisson pour tant de monde. Le Saint ordonna de servir ce qu’ils avaient et il se trouva que non seulement tous les religieux, mais encore tous les serviteurs furent pleinement rassasiés et les pauvres eurent aussi leur part.

En traversant une haute montagne, le Saint rencontra de pauvres gens, exténués de fatigue et de soif et comme l’eau manquait, il ordonna aux siens de leur distribuer tout le vin que l’on portait pour lui et ceux qui l’accompagnaient. Peu après, les serviteurs trouvèrent les flacons aussi pleins qu’avant car donner au pauvre, c’est donner à Dieu qui récompense surabondamment.

Saint Odilon traitait son propre corps avec une sévérité extrême. Ses jeûnes étaient rigoureux et continuels, il dormait peu et portait constamment une chaîne de fer garnie de petites pointes. Malgré ses austérités, sa conduite envers les autres était pleine de douceur et de bonté. Il ne prenait jamais un ton impératif et sévère, il suppliait mais ne commandait pas.

A ceux qui lui reprochaient sa bonté, il répondait : « j’aime mieux pécher par excès de douceur que par excès de sévérité ».

Sa charité envers son prochain éclata dans une grande famine qui désola et dépeupla la France en 1016.
Saint Odilon après avoir fait distribuer aux pauvres toutes les provisions de son monastère ordonna de vendre les ornements et les vases sacrés de son église pour subvenir à tant de misère.

Ces aumônes ne pouvant suffire, il se rendit dans les villes et les châteaux, afin d’inciter les princes et les riches à donner généreusement c’est ainsi que plusieurs milliers de personnes lui durent la vie. Il ensevelissait religieusement les morts que la misère et le froid avaient fait périr sur les grandes routes.
Bon nombre de malades recouvrèrent la santé, par son intercession et ses prières, les uns la vue, les autres la raison, d’autres l’usage de leurs membres.

Un jour Saint Henri, empereur d’Allemagne, étant à Cluny avec toute sa cour, on servit à table une coupe de cristal délicieusement ciselée et remplie d’aromates.
C’était un chef-d’œuvre de l’art alexandrin qu’un prince d’Orient envoyait à saint Henri. Celui-ci fit appeler deux de ses chapelains, leur remit cette coupe et les chargea de l’offrir de sa part au bienheureux Odilon. Les deux chapelains s’acquittèrent de cette mission et revinrent en hâte auprès de l’empereur.

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La merveilleuse coupe faisait l’admiration des moines et excitait leur curiosité. Ils ne se contentèrent pas de la regarder, chacun voulut la tenir à la main, mais l’un d’eux laissa tomber le vase précieux qui se brisa en morceaux. L’accident avait eu lieu en l’absence d’Odilon les moines l’informèrent aussitôt de cette mésaventure.

L’homme de Dieu leur fit comprendre la portée que leur faute pouvait avoir :
« L’auguste empereur, dit-il, pourrait en rendre responsables les deux clercs de son palais, lesquels y sont complètement étrangers. »

Après ces paroles, il se rendit avec tous ses religieux à l’église du monastère et pria le Seigneur de ne pas faire retomber sur des innocents un accident qui n’était pas de leur faute. Ensuite il commanda qu’on lui apportât le vase qu’il n’avait pas vu depuis qu’on l’avait cassé mais on le trouva complètement intact, l’homme de Dieu, dans un premier temps, accusa ses religieux de lui avoir menti en lui parlant d’un accident imaginaire mais la stupéfaction qui se peignait sur leurs visages lui prouva leur sincérité et tout le monastère en rendit grâces à Dieu.

L’empereur transporté de joie donna encore au saint abbé sa couronne, son sceptre et un crucifix d’or.

D’autres miracles montrèrent encore la sainteté d’Odilon. Deux fois des voleurs furent contraints de rendre ce qu’ils avaient dérobé parce qu’ils furent frappés par la vengeance divine et ne purent se défaire de ces objets, ni les vendre. eux fois il traversa en toute sécurité des rivières et la ses chaussures ne furent pas même mouillées.

La charité de Saint Odilon s’étendait jusqu’aux morts qui n’avaient pas encore satisfait entièrement à la justice divine, il sollicitait sans cesse leur délivrance par des prières ferventes, et recommandait fortement aux autres cette pieuse pratique, il institua dans toutes les maisons de son ordre la Commémoration des fidèles trépassés, le 2 novembre. Cette fête passa depuis dans l’Église universelle.

Enfin, après avoir été abbé pendant cinquante-six ans, à 87 ans saint Odilon mourut de maladie au cours de la visite de ses monastères. Il se fit porter à l’église durant son agonie et il y rendit l’âme sur un cilice couvert de cendres. Il avait reçu la veille le saint Viatique et l’Extrême-Onction.

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