L’hôpital vétérinaire un abri pour chevaux de guerre

Voir aussi: Toutes les prières de protection

Histoire de la Croix bleue (blue cross)

La 1ere guerre mondiale a changé la perception du cheval par l’homme et de machine vivante avant guerre, il retrouvera après guerre un statut d’être vivant.

Pendant la guerre de 1914-1918, En France, des milliers de chevaux sont abattues, pour soulager leur détresse, ou pour ne pas s’encombrer.
Les Britanniques vont s’appuyer sur l’organisation non gouvernementale « Our Dumb Friends League » fondée en 1897 et essentiellement vouée à trouver un abri pour chevaux et aux soins des chevaux de travail dans les rues de la capitale britannique.
Cet organisme a ouvert son premier hôpital vétérinaire pour animaux dans le quartier de Victoria, à Londres, le 15 mai 1906. En 1912, la ligue a lancée « The Blue Cross Fund » (Fond de la Croix-Bleue) pour prendre soin des chevaux pendant la guerre des Balkans.
Les Français vont suivre leur exemple.

Plus de 50 000 chevaux ont été traités dans les hôpitaux de la Croix Bleue en France. Le rôle des services vétérinaires était d’assurer la bonne santé des chevaux et de soigner les chevaux blessés, boiteux ou malades, d’instruire et contrôler les maréchaux-ferrants, d’examiner les fourrages et de garantir aux troupes des viandes de boucherie propres à la consommation.

Outre les mesures sanitaires et les examens des animaux, les vétérinaires prenaient les dispositions nécessaire pour éviter la propagation de maladies contagieuses, décidaient des bêtes à réformer ou à abattre et gèraient les pharmacies vétérinaires.

Au front, les chevaux vont connaître les mêmes souffrances que les hommes: le stress, la douleur, la fatigue, les blessures d’obus ou de balles, le froid, la saleté, la maladie et, parfois même la mort. Pourtant, dans un premier temps, les états-majors n’accordent que peu d’intérêt aux souffrances des chevaux. En effet, il existe alors l’image du cheval-machine, résistant et qui ne craint pas la douleur. En outre, il y a l’idée que la guerre sera courte et, qu’il n’est donc pas nécessaire de prendre soin des animaux puisque les effectifs de l’arrière seront suffisamment nombreux pour compenser les pertes du front.

L’installation de la guerre dans un temps long va changer la vision du conflit. Dès lors, pour la remporter, il convient de préserver ses forces, ses atouts dont les chevaux font partis.
L’état-major français va alors mettre en place tout un groupe d’hommes au service du bien être et de la protection du cheval.
Il s’agit non seulement de le soigner, mais aussi d’entretenir et de produire les différents équipements nécessaires à la bonne utilisation du cheval (fers, harnais, longes, selles…).

D’un point de vue vétérinaire, ce changement se manifeste par la mise à la disposition des chevaux d’hôpitaux à l’arrière du front.

L’influence anglaise est ici très importante. Déjà au début du conflit, les anglais arrivèrent avec 18 000 vétérinaires tandis que les français n’en disposaient que de 3 200. Par la suite, l’hôpital vétérinaire et les associations civiles anglaises (la Croix-Bleue est la plus importante) vont fortement influencer les pratiques françaises afin d’améliorer les soins équestres et l’abri pour chevaux.
Cette débauche d’énergie, en homme et en argent, témoigne bien de l’importance du cheval dans l’armée française et prouve que la guerre ne peut être gagnée qu’avec les chevaux.
Les chevaux ont joué pendant la Première Guerre mondiale un rôle de tout premier plan. Si la cavalerie s’est montrée inadaptée à la guerre de tranchée, les chevaux ont été des acteurs importants du ravitaillement et de la logistique.