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Lectures de Dimanche : « La foi doit être persévérante et tenace »

« La foi doit être persévérante et tenace » : c’est le titre de la méditation de Mgr Francesco Follo sur les lectures de la messe de dimanche 16 août 2020 (20e Dimanche du Temps Ordinaire – Année A – Is 56,1.6-7; Ps 66; Rm 11,13-15.29-32; Mt 15,21-28).

« Entre nous, les baptisés, et le Seigneur il y a souvent une distance intérieure qui est due à la barrière de notre paresse spirituelle et de notre médiocrité qui empêchent le contact », prévient l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Unesco à Paris : « Si seulement on arrivait à ne pas nous enfermer en nous-mêmes dans les moments de difficultés de la vie… on aurait la possibilité de voir exaucées nos prières et d’obtenir ce qui est le vrai bien pour nous et pour ceux que l’on aime. »

1) La foi abolit les distances

Hier nous avons célébré la fête de l’Assomption, dont l’actrice principale est Marie, la liturgie de ce dimanche offre à notre médiation l’image d’une autre femme qui est avec le Christ la protagoniste d’un miracle. Elle est originaire de Canaan, et donc elle est pour les Juifs, Jésus compris, une femme étrangère.

En réalité la distance entre le Christ et la cananéenne est extérieure. En effet elle devait faire un long chemin pour franchir les limites des siècles de paganisme qui la séparaient objectivement du salut.

Par contre, entre nous, les baptisés, et le Seigneur il y a souvent une distance intérieure qui est due à la barrière de notre paresse spirituelle et de notre médiocrité qui empêchent le contact. Si seulement on arrivait à ne pas nous enfermer en nous-mêmes dans les moments de difficultés de la vie, et on continuait à demander, à rechercher et à supplier Dieu, on aurait la possibilité de voir exaucées nos prières et obtenir ce qui est un vrai bien pour nous et pour ceux que l’on aime.

Et en effet ce fut ainsi pour la cananéenne. Les signes qui accompagnaient Jésus, l’on poussait vers Lui. Elle était venue à connaissance de la renommée de Jésus ; elle avait écouté l’annonce qui donne la foi, car la foi vient de la prédication (Rm 10,17), son cœur a été transpercé par la Vérité, et elle se hâta de rejoindre la Source de la Vie.

Mue par l’écoute d’une annonce et poussée par le désir de redonner la santé à sa fille, une païenne entreprend un chemin de salut. On peut voir là le principe du passage de l’esclavage à la liberté. C’est bien l’occasion qui l’a rendue audacieuse. L’amour de sa fille, qui jusqu’à ce moment-là avait été impuissant, rencontra cet Amour qui est Vie, santé et Salut. Cette mère a parcouru un chemin très long, en s’humiliant entre le mépris des « fils » d’Israël et la honteuse maladie de sa fille. Elle s’est aperçue que son amour de mère est incapable d’aider et de donner un sens à l’existence. Il n’y pas de souffrance plus grande que celle d’un amour de mère étranglé par l’impuissance de devenir salut pour ses enfants.

Cette femme, qui demanda le miracle de la guérison pour sa fille, eut un immense courage car elle savait que d’être une femme étrangère était une grosse entrave pour la satisfaction de sa requête de grâce.

Elle était une femme, et ceci pour les anciens (mais à vrai dire cette considération ne vaut pas pour la bible) était un « mal nécessaire ». De plus non seulement elle n’était pas juive, mais elle était aussi cananéenne, c’est-à-dire de la descende maudite de Cam : celui qui eut une attitude de dédain envers son père Noé, qui pour cela le maudit[1].

Pour Jésus le fait que la Cananéenne soit une femme n’était pas une objection, mais une bénédiction. Comme le fut au commencement, et ceci continue à être vrai encore de nos jours, la femme est une bénédiction divine. C’est bien pour cette raison qu’Il est « né d’une femme » (Gal 4,4). La deuxième objection est dissoute par le Christ comme la neige qui fond au soleil. Et cela ce fait – hier comme aujourd’hui – d’une seul manière : le Christ nous demande la foi.

Ce n’est pas par hasard que dans le Nouveau Testament la foi provienne avant tout des femmes: la Vierge Marie – qui le « type[2] », la figure pour excellence de la foi, sa cousine Elisabeth, la prophétesse Anne, les disciples (femmes) – notamment Marie-Madeleine  – qui suivent Jésus partout ; ou encore les femmes rencontrées par Saint Paul ( Rm 16) ; Lydie à Philippes, à laquelle le Seigneur ouvra le cœur à l’Evangile annoncé par les Apôtres (At 16,14) ; beaucoup de « dames de qualité et bon nombre d’hommes» (At 17, 12) de Thessalonique et de Damaris; la femme athénienne qui crut après avoir entendu le discours de Paul à l’Aréopage (At 17, 34), et Priscille avec son marie Aquilas à Corinthe (At 18, 2).

Cette « bénie » femme cananéenne va à la rencontre de Jésus et s’écrie : « Aie pitié de moi, Seigneur » (Mth 15, 22). Si l’on traduisait littéralement, on devrait écrire : « apitoie-toi de moi, Seigneur, Fils de David ». Cependant, il semble presque que le Messie ne se laisse pas émouvoir par ce cri et donc il donne une réponse qui tout d’abord apparaît assez dure; en effet il compare la femme cananéenne et sa fille malmenée par un démon avec les « petits chiens ». Cette femme alors reconnaît sa situation de misère et d’étrangeté, mais l’amour maternel la pousse jusqu’à oser une réponse intelligente et pleine de foi, que l’on peut ainsi traduire : « Mais oui, Seigneur ! En effet aussi les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». De ce fait, même ceux qui sont considérés comme des chiens on le « droit » au « pain des maîtres ».

La Cananéenne a passé l’examen, en offrant au Christ la confession qui naît de son cœur de mère. Le cœur de Jésus n’attendait que ça et s’adresse à la Cananéenne avec le titre nobiliaire de : « Ô Dame (du lat. Domina, d’où le titre à la       Vierge Marie de Notre-Dame) ».

À travers sa foi cette femme a récupéré sa dignité de fille de Dieu en le Fils de Dieu ; et grâce a sa foi cette dignité a été communiquée aussi au fruit de ses entrailles : sa fille donc a été libérée du démon qui défigurait son image et ressemblance à Dieu.

Demandons au Seigneur cette même foi et gardons à l’esprit que les femmes sont données par Dieu comme une bénédiction. Après cette réflexion je cite une phrase de la lettre de Saint Jean-Paul II aux femmes :

« L’Église — écrivais-je dans la lettre apostolique Mulieris dignitatem — « désire remercier la Très Sainte Trinité pour le « mystère de la femme » et pour toute femme, pour ce qui constitue la dimension éternelle de sa dignité féminine, pour les « merveilles » de Dieu qui, dans l’histoire des générations humaines, se sont accomplies en elle et par elle » (n. 31).

Le merci adressé au Seigneur pour son dessein sur la vocation et la mission de la femme dans le monde devient aussi un merci concret et direct aux femmes, à chacune des femmes, pour ce qu’elles représentent dans la vie de l’humanité.

Merci à toi, femme-mère, qui accueilles en ton sein l’être humain dans la joie et dans la peine d’une expérience unique par laquelle tu deviens sourire de Dieu pour l’enfant qui vient au monde, tu deviens le guide de ses premiers pas, le soutien de sa croissance, puis le point de repère sur le chemin de sa vie.

Merci à toi, femme-épouse, qui unis d’une façon irrévocable ton destin à celui d’un homme, dans une relation de don réciproque, au service de la communion et de la vie.

Merci à toi, femme-fille et femme-sœur, qui apportes au foyer familial puis dans le complexe de la vie sociale les richesses de ta sensibilité, de ton intuition, de ta générosité et de ta constance.

Merci à toi, femme-au-travail, engagée dans tous les secteurs de la vie sociale, économique, culturelle, artistique, politique, pour ta contribution irremplaçable à l’élaboration d’une culture qui puisse allier la raison et le sentiment, à une conception de la vie toujours ouverte au sens du « mystère », à l’édification de structures économiques et politiques humainement plus riches.

Merci à toi, femme-consacrée, qui, à la suite de la plus grande des femmes, la Mère du Christ, Verbe incarné, t’ouvres en toute docilité et fidélité à l’amour de Dieu, aidant ainsi l’Église et l’humanité entière à donner à Dieu une réponse « sponsale » qui exprime merveilleusement la communion qu’il veut établir avec sa créature. (A ce propos il est utile pour les Vierges consacrées dans le Monde méditer constamment les réponses qu’elles ont données à l’Evêque pendant le rite de la consécration : « L’Evêque appelle la candidate qui répond : « me voici ». Puis suit un dialogue entre l’Evêque et la candidate : Voulez-vous persévérer toute votre vie dans votre résolution de virginité consacrée au service du Seigneur et de son Eglise ? – Oui, je le veux. – Voulez-vous suivre le Christ selon l’Evangile de telle sorte que votre vie apparaisse comme un témoignage d’amour et le signe du Royaume à venir? – : Oui, je le veux. – Voulez-vous être consacrée au Seigneur Jésus Christ, le fils du Dieu Très-Haut, et Le reconnaître comme votre Epoux ? – Oui, je le veux », n. 17).

Merci à toi, femme, pour le seul fait d’être femme ! Par la perception propre à ta féminité, tu enrichis la compréhension du monde et tu contribues à la pleine vérité des relations humaines.

Que Marie, Reine de l’amour, veille sur les femmes et sur leur mission au service de l’humanité, de la paix, de la diffusion du Règne de Dieu! » (Lettre du Pape Jean-Paul II aux femmes, 29 juin 1995)

Lecture patristique

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407),

Evêque d’Antioche, puis de Constantinople

Docteur de l’Eglise

Homélie « Que le Christ soit annoncé », 12-13; PG 51, 319-320

 

La prière humble et incessante

Une Cananéenne s’approcha de Jésus et se mit à le supplier à grands cris pour sa fille qui était possédée par le démon… Cette femme, une étrangère, une barbare, sans aucun lien avec la communauté juive, qu’était-elle sinon une chienne indigne d’obtenir ce qu’elle demandait ? « Il n’est pas bien, dit Jésus, de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. »

Pourtant, sa persévérance lui a mérité d’être exaucée. Celle qui n’était qu’une chienne, Jésus l’a élevée à la noblesse des petits enfants ; bien plus, il l’a comblée d’éloges. Il lui dit en la renvoyant : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux » (Mth 15,28).

Quand on entend le Christ dire : « Ta foi est grande », on n’a pas à chercher d’autre preuve de la grandeur d’âme de cette femme. Vois comme elle a effacé son indignité par sa persévérance. Remarque également que nous obtenons davantage du Seigneur par notre prière que par la prière des autres.

Saint Bède le Vénérable (v.673 – 735)

Moine, docteur de l’Eglise

Homélie sur les Evangiles, I, 22 : CCL 122, 156-160 ; PL 94, 102-105

La de la femme cananéenne (Syro-phénicienne)

« Ô femme, grande est ta foi ! Qu’il te soit fait comme tu le souhaites » (Mt 15,28). Oui, la Cananéenne possède une bien grande foi. Ne connaissant ni les anciens prophètes ni les récents miracles du Seigneur, ni ses commandements ni ses promesses, et de plus repoussée par lui, elle persévère dans sa demande et elle ne se lasse pas de frapper chez celui que seule la renommée lui avait indiquée comme le Sauveur. Aussi sa prière est exaucée de manière éclatante…

Lorsque l’un d’entre nous a la conscience entachée par l’égoïsme, l’orgueil, la vaine gloire, le dédain, la colère, la jalousie ou quelque autre vice, il a bel et bien, comme cette femme de Canaan, « une fille cruellement tourmentée par un démon ». Qu’il coure donc supplier le Seigneur de la guérir… Qu’il le fasse avec une humble soumission ; qu’il ne se juge pas digne de partager le sort des brebis d’Israël, c’est-à-dire des âmes pures, et qu’il se considère comme indigne des récompenses du ciel. Que le désespoir, cependant, ne le pousse pas à relâcher l’insistance de sa prière mais que son coeur ait une confiance inébranlable en l’immense bonté du Seigneur. Car celui qui a pu faire du larron un confesseur (Lc 24,39s), du persécuteur un apôtre (Ac 9), et de simples cailloux des fils d’Abraham (Mt 3,9), celui-là est aussi capable de transformer un petit chien en brebis d’Israël.

[1] « Il dit : « Maudit soit Canaan ! Il sera pour ses frères l’esclave des esclaves. » Et il ajouta : « Béni soit le Seigneur, le Dieu de Sem ! Que Canaan soit son esclave ! » (Gn 9, 25-27). En cette malédiction Cam est aussi Canaan; et cette malédiction fut confirmée au cours des siècles: e.g. Deut 7,2 (où il est écrit de ne pas faire grâce aux Cananéens).

[2] La Vierge Marie est le type (paradigme) de la foi, car elle demeure type de la rencontre entre l’homme et Dieu et elle représente depuis l’annonciation la situation foncière de l’homme devant Dieu. La Vierge Marie est le type de la foi et de l’humilité qui doivent caractériser notre accès au Mystère de l’Incarnation.

 

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