Récit religieux: Le retour du fils prodigue

La lecture bouleversante

Devant la porte d’une boutique, une bande de jeunes gens qui s’étaient noirci la figure et les mains et portaient des déguisements grotesques, donnaient une exhibition de leurs performances musicales et acrobatiques.

Quand la représentation fut terminée, l’un d’eux, tambourin en main, s’approcha des spectateurs, pour faire la quête. Saisissant une des Bibles qui étaient dans sa devanture, le marchand, M. Carr, s’adressa au jeune homme, en lui disant :

— Voyez, je vous donne un franc, et ce livre par-dessus le marché, si vous voulez bien en lire une portion à vos camarades, là-bas, ainsi qu’à tous les assistants.

— Pour le coup, ce sera un franc vite gagné ! répondit-il.

Et se tournant en riant vers ses camarades :

— Je m’en vais vous donner une séance de lecture publique !

M. Carr savait que la Bible était un livre pour tout le monde, et que Dieu y avait placé des messages qui convenaient exactement à chaque cas particulier. De plus, elle discerne les pensées et les intentions des cœurs (Héb. 4:12). De grands triomphes pour la vérité ont été remportés par son moyen.

Ouvrant la Bible au chapitre 15 de Luc et montrant du doigt le verset 11, il dit au jeune homme de commencer à cet endroit-là.

— Allons, Jim ! vas-y ! cria l’un des compères, et gagne ton franc comme un homme !

Jim prit le Livre et se mit à lire : « Et Il dit : Un homme avait deux fils ; et le plus jeune dit à son père : Père, donne-moi la part du bien qui me revient. Et il leur partagea son bien».

Il y avait dans la voix du lecteur, comme dans cette circonstance inusitée, quelque chose qui imposait le silence, et chacun prêtait une oreille attentive.

Il continua : «Et peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, s’en alla dehors en un pays éloigné ; et là il dissipa tout son bien en vivant dans la débauche».

— Mais c’est toi, Jim ! c’est exactement ce que tu m’as raconté de toi-même et de ton père !

Le lecteur continua : «Et après qu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là ; et il commença d’être dans le besoin».

— C’est ça ! c’est encore toi, Jim ! dit la voix. Continue !

«Et il s’en alla et se joignit à l’un des citoyens de ce pays-là, et celui-ci l’envoya dans ses champs pour paître des pourceaux. Et il désirait de remplir son ventre des gousses que les pourceaux mangeaient ; et personne ne lui donnait rien!»

— Tout comme nous autres, interrompit encore la voix, nous sommes tous des mendiants et pourrions faire mieux que ce que nous faisons ! Continue, qu’on entende ce qu’il en advint !

Le lecteur poursuivit, bien que sa voix tremblât : « Et étant revenu à lui-même, il dit : Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance, et moi je péris ici de faim ! Je me lèverai et je m’en irai vers mon père !»

Ici, le jeune homme fut sur le point de s’effondrer, et ne put continuer. Tous les assistants étaient émus et très impressionnés. Pendant que Jim lisait ce récit si simple de l’Évangile, le passé s’était soudainement dressé devant lui, tandis qu’un rayon d’espoir se levait dans son cœur pour l’avenir…

Son père, la maison de son père, et celle aussi de sa mère, l’abondance dont il avait toujours joui, l’amour dont il avait été entouré, les serviteurs, qui avaient de tout en suffisance, lui-même, enfin, qui était le fils de ce père, sa situation présente, ses camarades, ses habitudes actuelles, ses péchés, sa pauvreté, sa condition d’exilé… il vit tout cela en un instant et faillit en être écrasé !

Ce jour-là fut le tournant dans la vie de ce fils prodigue, car l’épée de l’Esprit l’avait touché. Il s’ouvrit à l’ami croyant qu’il avait rencontré d’une manière si étrange et lui demanda conseil. Grâce à lui il put rentrer en contact avec ses parents, et le fils bien-aimé, si longtemps égaré, revint dans la demeure terrestre qui était la sienne, mais, fait plus réjouissant encore, il avait appris à connaître et à aimer le Seigneur Jésus Christ.

Et vous, qui êtes aux jours radieux de la jeunesse, écoutez !

Le Sauveur frappe à votre porte et vous appelle ! Il aimerait entrer, et devenir votre Sauveur, votre Appui, votre Guide tout au long de votre vie !

Écoutez ces paroles sacrées : «Souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse» (Eccl. 12:1).

«Aujourd’hui, si vous entendez Sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs !» (Héb. 3:7, 8).

«Venez à moi  » (Matt. 11:28).

«Venez, et plaidons ensemble, dit l’Éternel : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme l’écarlate, ils seront comme la laine» (És. 1:18).


Récit religieux: Le retour du fils prodigue