Fête du saint rosaire, premier dimanche d’octobre


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Le mot rosaire veut dire couronne de roses. Les fleurs fraîches et odorantes qui la forment sont les plus belles prières qui la composent :
– le Credo, sublime profession de notre foi,
– l’oraison dominicale, la prière la plus parfaite que le chrétien puisse adresser à Dieu,
– la Salutation angélique, le délicieux cantique du Ciel, la première annonce de la Bonne Nouvelle,
– le Gloria Patri, le refrain éternel des chœurs des anges et des saints.

Le Rosaire est la prière la plus agréable à la très Sainte Vierge et la plus facile pour tous. C’est la dévotion commune aux grands et aux petits, aux riches et aux pauvres, aux savants et aux ignorants.

Le premier dimanche d’octobre est consacré à la célébration de la fête du Saint Rosaire établie par les papes en mémoire de la victoire de Lépante, remportée sur les infidèles grâce à la protection de la très Sainte Vierge Marie.

Vers le milieu du treizième siècle, les Albigeois faisaient des ravages dans le midi de la France. Les souverains pontifes avaient tout tenté pour rétablir la paix mais tous les efforts réunis étaient demeurés jusque-là sans succès.

Saint Dominique, après avoir longtemps et inutilement prêché contre ces âmes endurcies par le mal, se retira dans une chapelle de la très Sainte Vierge près d’une forêt solitaire où il passa trois jours en prières, demandant avec ses larmes à la Reine du Ciel secours et assistance contre les ennemis de la religion et de la patrie.

Ce fut là que la Vierge Marie lui apparut toute rayonnante de beauté et lui révéla l’amour et le pouvoir du Saint Rosaire.

« Sache, ô mon fils, dit-elle, que le moyen dont l’adorable Trinité s’est servie pour le salut du monde, a été la Salutation angélique. Si tu veux vaincre ces cœurs endurcis, prêche mon Rosaire, tu en obtiendras les plus heureux résultats. »

Saint Dominique devint aussitôt l’apôtre du Rosaire il en enseigna au peuple la méthode et l’esprit et l’effet de ses prédications fut vraiment prodigieux.

En peu de temps, cent mille hérétiques sont ramenés au sein de l’Église, une multitude de pécheurs convertis, la face d’une partie de la France et de l’Espagne renouvelée.

Dès ce moment, cette admirable dévotion se répandit avec rapidité et elle est aujourd’hui la pratique favorite des vrais enfants de Marie.

On connaissait, avant saint Dominique, la pieuse pratique du Chapelet mais ce fut lui qui ajouta, à la récitation de cette prière, la méditation des mystères de la vie de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge.

Le Rosaire, en son entier, consiste dans la récitation de quinze dizaines d’Ave Maria, accompagnée de la méditation de chacun des cinq mystères joyeux, douloureux et glorieux qui rappellent la naissance, les souffrances, la mort, la résurrection, l’ascension du Sauveur, la descente du Saint Esprit, l’assomption et le couronnement de la très Sainte Vierge dans le Ciel.

Aucune pratique de piété n’est plus vénérable car elle a été inspirée de Dieu et marquée par Marie elle-même pour procurer le salut des âmes.

Le Rosaire a pour but d’honorer les principaux mystères de la vie du Sauveur et de sa sainte Mère, on en a choisi quinze principaux, un à méditer pendant chaque dizaine.
Ces mystères sont divisés en trois classes : les mystères joyeux, douloureux et glorieux.
Cette division partage le Rosaire en trois parties, dont chacune forme ce qu’on appelle un chapelet.

Les résultats que la prière du Rosaire produits dans les âmes sont immenses.

Il n’est personne qui, l’ayant pratiquée avec foi et amour, n’en ait ressenti les miraculeux effets.

Il est diverses manières de bien dire dire le chapelet :

– la première, c’est de nous attacher au sens des paroles, de les goûter, de nous en pénétrer. Elles sont si belles, si touchantes, ces paroles!

– la seconde manière, c’est de nous occuper des mystères du Rosaire, qui ont été tour à tour, pour Jésus et Marie, un sujet de joie, de douleur et de gloire.
N’y a-t-il pas matière abondante et variée à nos méditations dans tous les grands mystères qui résument toute la vie du Sauveur et de notre Mère?

– la troisième manière, c’est de prier à chaque dizaine pour une intention particulière: par exemple, la guérison d’un malade, la délivrance d’une âme du purgatoire…

Le chapelet, c’est le livre de l’aveugle dont les yeux sont à jamais fermés à la lumière du jour mais dont les regards de l’âme sont ouverts aux mystères de la vie éternelle.

Le chapelet, c’est le livre du pauvre auquel la vie n’a pas permis d’apprendre les lettres qui sont les signes de la pensée humaine.

C’est le livre du petit berger qui s’en va garder son troupeau à la lisière du bois.

C’est le livre du malade qui se console en invoquant Marie sur son lit de souffrances.

C’est le livre de la vieillesse dont les yeux se ferment chaque jour de plus en plus aux réalités de ce monde pour s’ouvrir bientôt aux splendeurs de l’éternité.

C’est le livre de prières du soir, de la nuit, lorsque les yeux ne peuvent plus fixer l’attention de l’esprit sur aucune lecture.

Effeuillons cette magnifique couronne de roses en l’honneur de Marie, qui que nous soyons, répétons-lui souvent cette prière qui la comble de joie :

Je vous salue, Marie.

Et le sourire de notre Mère répondra toujours à nos prières.

Ses vertus, comme un parfum, descendront dans notre cœur pour le fortifier et l’embaumer et, comme on le disait au moyen âge, la Vierge Marie cueillera sur nos lèvres une rose fraîche et pure chaque fois qu’elles s’ouvriront pour dire Ave Maria.

Ne craignons pas que la répétition de cette même prière devienne fastidieuse à son cœur, une mère ne s’ennuie jamais d’entendre dire à ses enfants qu’elle est belle, qu’elle est bonne et qu’ils l’aiment, car, comme on l’a si bien dit, l’amour n’a qu’une parole et, en la disant toujours, il ne se répète jamais.