Jeanne d’Arc, envoyée de Dieu pour sauver la France

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Jeanne d’Arc, envoyée de Dieu pour sauver la France

Jeanne d’Arc : le traité de Troyes, contexte historique

 Au début du XVe siècle, la guerre civile sévit dans le royaume de France entre les bourguignons et les armagnacs. Philipe le Bon, chef des bourguignons est maître en Flandres, Bourgogne et Artois. En 1419, les bourguignons s’allient aux anglais qui ont envahi la Normandie et profitent des querelles internes.

Charles VI, roi de France, est atteint de troubles nerveux. Le conseil de régence a pris le pouvoir en la personne de son épouse, la reine Isabeau de Bavière qui s’allie aux bourguignons. Sous leur pression, en 1420, Charles VI signe le traité de Troyes qui stipule que la France rentrera dans l’héritage anglais à sa mort.

Par cette clause, Charles VI et Isabeau de Bavière déshéritent leur propre fils, Charles de Ponthieu mais les deux rois de France et d’Angleterre meurent la même année, en 1422, laissant cette succession mal résolue à l’origine de la reprise de la guerre de cent ans avec les anglais qui revendiquent la terre de France, avec le soutien des bourguignons.

Charles de Ponthieu est cependant reconnu comme dauphin de France par les armagnacs, ennemis des bourguignons. Depuis les terres du Centre et de la Loire où il s’est retiré, Charles et ses alliés partent à la reconquête des villes occupées par les anglais.

Qui est Jeanne d’Arc aux visions divines?

Jeanne d’Arc naît en 1412. Paysanne de Domrémy, elle grandit dans cette France déchirée par la guerre civile et les combats opposant le dauphin Charles (futur Charles VII) aux anglais et aux bourguignons.

Encouragée par ses visions divines, bravant les difficultés, en 1428 Jeanne d’Arc se rend à Chinon pour y rencontrer le dauphin Charles de Ponthieu. Elle le persuade de se rendre à Reims pour y être sacré roi de France.

Jeanne a foi en la reconquête française et galvanise l’armée rapidement victorieuse contre les anglais en 1429, à Orléans, Patay, Troyes, etc. Le dauphin est couronné roi de France à Reims, le 17 juillet 1429 et prend le nom de Charles VII.

Douée d’un incroyable talent de chef de guerre reconnu par tous, acclamée avec enthousiasme par les populations, Jeanne d’Arc est cependant peu habituée aux usages de la cour aussi se fait-elle beaucoup d’ennemis parmi l’entourage du jeune roi Charles VII.

Jeanne dérange les conseillers influents du roi Charles VII partisans d’une trêve avec les anglais et avec Philippe le Bon, chef des bourguignons. Leur point de vue finit par l’emporter auprès du roi et, à peine trois mois après le sacre de Reims, des ambassades s’organisent fin 1429.

Jeanne, opposée à ce projet, est mise à l’écart. Plus encore, persistant à vouloir « bouter l’anglois » hors de France, elle prend des initiatives militaires peu appréciées.

Certains capitaines n’avaient rendu qu’une allégeance de circonstance à Jeanne d’Arc que le Conseil du roi leur avait imposée comme chef de guerre. Aussi, chefs militaires français et bourguignons ne tardent-ils pas à s’entendre pour se débarrasser de Jeanne.

La capture de Jeanne d’Arc

Forteresse remarquable, Compiègne est un point stratégique sur le chemin de Paris, Jeanne s’y précipite dès que lui parvient la nouvelle de l’arrivée des troupes anglaises mais Compiègne est un piège.

Le soir du 23 mai 1430, sur les conseils du capitaine de Compiègne, Guillaume de Flavy, Jeanne sort des murs de Compiègne pour une inspection, revêtue de sa lourde armure. Curieusement, dès qu’elle est hors des murs, les cloches de la ville se mettent à sonner à toute volée. A ce signal, les bourguignons prêts et armés se ruent sur Jeanne et ses compagnons sans que personne ne vienne à leur secours. Rapidement, Jeanne est faite prisonnière, les bourguignons envoient aussitôt des messages portant l’heureuse nouvelle de la capture de Jeanne vers leurs partisans et alliés anglais.

Emprisonnement de Jeanne d’Arc

Durant de longs mois, nombre de courriers diplomatiques sont échangés entre, d’une part, Philippe le Bon, chef des bourguignons qui tient Jeanne, d’autre part, les anglais et l’Université de Paris, qui la veulent pour la juger. Quant à la cour de France et à Charles VII, il semble qu’ils se soient peu investis pour la récupérer.

Enfermée au château de Beaurevoir, Jeanne essaie de s’échapper plusieurs fois, sans succès. Finalement, elle est vendue aux anglais par les bourguignons.  Prisonnière quelques temps au Crotoy, elle est amenée et emprisonnée au château de Rouen où se tient la gouvernance anglaise.

Prise de guerre, Jeanne aurait pu être échangée contre une rançon. Mais derrière Jeanne se trouve une couronne, celle de Charles VII qu’elle a conduit à Reims… Et, pour les anglais, faire de cette paysanne une sorcière, c’est ternir avantageusement la couronne de France et celui qui la porte.

Le procès de Jeanne d’Arc

Le procès de Jeanne d’Arc s’ouvre le 9 janvier 1431 devant une assemblée de religieux et de théologiens. Dans un premier temps, ceux-ci s’interrogent avec une grande prudence sur la conduite à suivre. Les enquêtes sont présentées, on prévoit d’en faire d’autres.

Outre Pierre Cauchon qui préside le procès, on trouve Maître Jean d’Estinet nommé procureur général, Jean de la Fontaine, conseiller commissaire instructeur. On trouve aussi des greffiers comme Bois Guillaume et Manchon. Maître Jean Massieu est l’exécuteur des exploits et des convocations. Au total, environ cent vingt personnes vont participer à ce procès.

Le 19 février 1431, le ministère de l’inquisition est invoqué. Le grand inquisiteur est en déplacement, c’est son vicaire et vice-inquisiteur, Frère Jean Lemaître qui le remplace.

Suite à la lecture des articles et des dépositions des témoins, les conseillers décident qu’il y a «matière suffisante pour faire livrer la prévenue en cause de foi».

Procès  de Jeanne d’Arc: les interrogatoires

Le 21 février, la séance est ouverte dans la chapelle royale du château de Rouen où Jeanne est citée à comparaître. Sa prestation de serment pose problème à ses juges car Jeanne affirme que les révélations qui lui viennent de ses visions divines ne sont réservées qu’à son roi et qu’elle ne pourra donc répondre aux questions qui les concernent :

« …Mais quant aux révélations qui me viennent de Dieu, je n’en ai onques rien dit ni révélé à personne, sinon à Charles mon roi… »

Jeanne maintiendra jusqu’au bout cette restriction sur sa prestation de serment.

Pendant plusieurs semaines, elle est interrogée sur sa vie avant et après son départ de son village natal de Domrémy. Paysanne sans éducation ni savoirs, Jeanne fait face comme elle le peut à ses juges, sans se recouper, avec assurance, voire audace et surtout, elle ne veut ni renoncer à ses vêtements d’homme, ni renier ses visions.

Jeanne est accusée d’hérésie et de sorcellerie

A l’époque de Jeanne, les faits de sorcellerie et d’hérésie dont on la soupçonne sont du domaine de compétence du Grand inquisiteur de France Maître Jean Graverent installé à l’Université de Paris.

Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, juridiction dont dépend Compiègne où Jeanne a été arrêtée, préside le procès devant un tribunal ecclésiastique. Jeanne étant prisonnière à Rouen, il obtient     le droit d’y instruire le procès.

 Réquisitoire – Actes d’accusation

Les 27 et 28 mars, les actes d’accusation sont lus par Maître Thomas de Courcelles qui requiert que « ladite Jeanne soit déclarée et prononcée sorcière et sortilège, devineresse (…) hérétique (…) schismatique (…) elle soit punie et corrigée ».

Les innocentes fêtes de Domrémy deviennent des incantations maléfiques, l’habitude de Jeanne de porter un « habit d’homme  abandonnant sans vergogne toute décence », toute sa vie est dénoncée avec conviction par ses juges…

Les réponses de Jeanne d’Arc ont été déformées pour construire l’accusation.

Rédaction des articles – Délibération

Douze articles servent de base à la condamnation. Ils ne seront pas transmis à  l’accusée ; des ajouts et des manquements seront détectés lors du procès en réhabilitation, quelques années plus tard, en comparant les articles du procès avec les pièces conservées par un greffier.

Dans la délibération du 12 avril (44e séance), basée sur ces articles, les visions divines de Jeanne sont décrites comme « des fictions d’invention humaine en procédant du malin esprit ». Jeanne est également présentée comme une hérétique et une schismatique, accusée de blasphèmes et de «divinations superstitieuses ».

Accusé de sorcellerie et d’accords avec les forces du mal, Jeanne d’Arc est condamnée à mourir brûlée vive sur le bucher.